Être poète c’est quoi ?

Poète ce n’est pas juste écrire en sautant du lit dans le chemin aller ou retour. C’est un idéal de vie, une sensibilité qui ne se referme jamais sous la chair. Le poète capte tout. Les mots sont sa seconde peau, le monde la première. Il ne se contente pas d’imiter ou de refaire mal ce qui a été dit mille fois. Il a son style. Unique, nouveau, sinon autant écrire pour son miroir. Son travail est de recevoir et d’émettre à l’aide de mots singuliers dont il choisit chaque syllabe. Chez lui une virgule c’est une montagne, une rivière, une forêt, sa place est primordiale. La barre est trop haute pour ceux qui imaginent pouvoir écrire un poème par délassement. Le poète est un être pathologiquement curieux, insatiable, toujours assoiffé, à l’affût des choses derrière les choses !

Chez ce barde hypersensible, cet écorché vif qui bombarde et chasse l’efflorescence, les mots coulent en un courant permanent, ils viennent de plus haut, son réservoir déborde, il ne peut faire autrement que d’écrire sinon il meurt. Sa perception du monde qui l’entoure, de ses propres émotions jaillit sur la toile car il est autant peintre que rimailleur, sa plume est un pinceau et où qu’il aille elle l’accompagne.  La facilité est un crime si elle s’arrête là. Le vrai poète aime la couleur, le relief, ce qui monte et descend, ce qui respire et s’étouffe, allie le chaud et le froid, le féroce et le romantique. La platitude est sa phobie. Le cliché son démon. Les sentiers battus son cauchemar !

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Peu importe la tristesse feinte ou défunte, j’aime quand ils se culbutent, quand ils s’emberlificotent, quand ils se croisent et se décroisent, j’aime quand les mots font l’amour, crient et rugissent, s’emmêlent, s’entremêlent, orient et occident, quand ils se prennent et se désapprennent, quand ils se croient tout permis, quand la musique prodigue ses caresses, quand ils ont soif, quand ils ont faim, quand la passion est leur déesse, quand tout alentour est symphonie, ivresse et désir, j’aime quand je les renverse, qu’ils explosent en éclats de vers, qu’ils brûlent, c’est ainsi que je m’exprime dans cette jungle, je dois impérativement entendre les cris, les notes et les soupirs.

@Bruno San Marco

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6 commentaires

  1. Apollon lui aurait fait don d’une lyre, et les Muses lui auraient appris à en jouer… Non, je parle pas de moi, mais du Poète !

    Un grand BRAVO pour ce ressenti vrai, qui apporte au commun des mortels quelque chose de matériellement nécessaire à la compréhension de ce qu’est un poète !

    Amitiés amicales

    Aimé par 1 personne

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