Les mamandises

Les mamandises, ce sont ces petites phrases que chacun de nous porte, quelque part entre la mémoire et l’instinct, plantées là par sa mère (ou celle qui en a fait office) qui, elle- même, les tenait de sa mère, qui ne faisait que répéter, en les modernisant un peu, celles que sa propre mère…
Petites phrases toutes faites qui, lorsque l’enfant paraît, resurgissent là où on les attend le moins. On se croit moderne, libérée (on s’est assez battue contre les préceptes maternels pour ça !) et, soudain, on s’entend susurrer: «Mange. C’est bon, c’est Maman qui l’a fait ». On a des idées avancées sur l’éducation des enfants. On condamne le chantage et tous ceux qui, pour se faire obéir, jouent à faire peur aux gosses. Pourtant, quelle est la mère (quelle est la grande sœur) qui pourrait, sans mentir, jurer qu’elle n’a jamais, vraiment jamais, lancé un « Tu veux que je me lâche » ou, mieux encore, un « Si tu continues, tu sera privé(e) de dessert» d’exaspération ?
Les mamandises varient avec les régions, le milieu social et les époques, mais pas tant que ça — après tout, les règles de base de la vie en société qu’elles sont censées inculquer changent assez peu. Souvent raisonnables, il leur arrive d’être parfaitement idiotes et, surtout, d’emberlificoter leur destinataire dans un réseau d’interdictions qui se contredisent, sans pour autant s’annuler. Elles chatouillent, elles piquent, elles griffent, elles égratignent, n’est-ce pas, Dr Freud — et, d’ailleurs, à voir la photo de votre mère (p. 3), on imagine assez bien le genre de mamandises auxquelles nous devons la psychanalyse !

« Les mamandises » ou « Ma mère me l’avait bien dit…  » un livre trop bien de NINA SUTTON d’après une idée originale de Michele Slung, sorti en 1986 chez Albin Michel.

On les aime nos mères. Mais il faut reconnaître qu’elles nous ont toutes balancé quelques phrases typiques, entendues 100 fois, 1000 fois, et dans toutes les maisons, qui finissent par ne plus avoir l’effet escompté. Voire même l’inverse. Mères de tous pays, changez de disque…

    1. J’en ai marre de répéter cent fois la même chose.
    2. C’est pas bientôt fini, cette comédie ?
    3. Arrête de renifler, mouche-toi.
    4. Je n’ai pas entendu le mot magique.
    5. Ne dis pas « J’aime pas »: tu n’as même pas goûté.
    6. C’est pas toi qui décides ! 
    7. Ça ne te regarde pas. 
    8. Je sais ce que je dis… 
    9. C’est moi qui te le dis… 
    10. Ici, c’est moi qui commande. 
    11. Je ne suis pas ta bonne. 
    12. Je n’ai que dix doigts. 
    13. Je n’ai pas quatre bras. 
    14. Je ne peux pas être partout à la fois. 
    15. C’est le Bon Dieu qui t’a puni(e).
    16. Tu ne vis pas à l’hôtel. 
    17. L’aîné doit montrer l’exemple. 
    18. Jeu de mains, jeu de vilains. 
    19. Ça ne va pas te tomber tout rôti dans le bec.
    20. On n’a qu’une mère. 
    21. Ton père a toujours raison. 
    22. Tu es la prunelle de mes yeux.
    23. C’est pour ton bien… 
    24. File dans ta chambre !
    25. Dépêche-toi, tu vas être en retard !
    26. Ne te bourre pas de pain.
    27. Mange : c’est plein de vitamines.
    28. Pipi, les dents et au lit !
    29. Arrêtez de vous disputer !
    30. On ne parle pas la bouche pleine
    31. Attention ! Je compte jusqu’à trois !
    32. A table les enfants !
    33. Il faut manger un peu de tout.
    34. Ne bois pas à la bouteille.
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4 commentaires

  1. Personnellement, j’en ai utilisé très peu. Nous préférions mon épouse et moi montrer par la pratique que nous avions raison et montrer un exemple concret. En général ça portait ses fruits.
    Pourtant, j’avoue avoir utilisé quelques-unes de ces « mamandises » (J’aime beaucoup le néologisme).
    Ce fut le cas avec « Avant de dire je n’aime pas, goûte le et tu parleras après. ».
    Je disais aussi à mon fils : « Je n’ai que deux bras, je ne peux pas être partout à la fois ».
    Parfois, nous lui disions « Mange ta soupe, ça fait grandir, ça rend fort et c’est plein de vitamines.».
    Bien sûr il y avait le sempiternel « Ne parle pas la bouche pleine, ce n’est pas poli » et, dans un autre registre, plutôt que d’annoncer «Attention ! Je compte jusqu’à trois » nous lui disions : « Attention, je ne le dirai pas deux fois ». Ce qui se produisait réellement, à on grand dam.
    Et là, plutôt de que le priver de dessert ou de l’envoyer dans sa chambre, il se voyait priver de console durant deux ou trois jours ce qui lui faisait entre une demi-heure et trois quarts d’heure en moins. Une punition en général fort efficace.

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