Poème de l’enfant mort

La grande rue est vide
Le sable est chaud et sec

Le village est aux plantations
Je vais mourir sans larmes
Je n’ai pas mangé depuis…
Depuis je ne me souviens pas
Dans mon pays c’est normal
Un enfant c’est un cadavre
A l’école on ne mange pas
Nous avons la tête vide
Nous avons le ventre vide
On court dans les rues
Pour attraper une poule
Pour mourir un autre jour
Je ne serai jamais grand
Je suis seul dans le silence
Dans la tombe de l’enfance
À part mon ami le vautour

Personne ne verra partir
Cette bouche à nourrir

 

 

Photo « La petite fille et le vautour – Soudan 1993 »
Kevin Carter, Prix Pulitzer 1994

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17 commentaires

  1. Bonjour Bruno
    Que dire devant cette mort annoncée et qui ne semble pas Émouvoir plus que ça.
    J’offre quelques mots à ton cri.

    La mort qui marche

    Entendez-vous le cri de l’enfant en souffrance ?

    Il frôle faiblement l’oreille du silence

    Un murmure arraché à son ventre martyr

    Gonflé aux pleurs du vide et aux yeux de sa mère

    Qui cherche un grain de riz sali de poussière

    Pour taire sa douleur et sa faim de mourir

    Espérant un instant le temps d’une prière

    Que l’enfant de sa chair sourie à l’avenir.

    Regardez son visage où plus rien ne s’étonne

    Son corps aux os saillants que la vie abandonne

    Voyez-le si fragile avancer sa maigreur

    Le poids lourd de la mort courbant sa frêle échine

    Sous chacun de ses pas la plainte se devine

    Se taisent ses sanglots épuisés de malheur

    Et gémissent ses cris las de crier famine

    Il ne sait plus rêver demain est sans couleur.

    Ne baissez pas les yeux apprenez son courage

    Voyez sa mère en pleurs sans gouttes de laitage

    Tremblant de désespoir sous le plomb du soleil

    Décharnée comme lui par la faim et la guerre

    Combien de malheureux oubliés sur la Terre

    Attendent résignés l’heure du Grand Sommeil

    La Vie assassinée par la main meurtrière

    De potentats cruels à l’ego sans pareil.

    Le sable du désert cache l’or sous la cendre

    De femmes et enfants partis pour l’âme rendre

    Sous l’oeil indifférent des nantis de bonheur

    A l’unique souci de grossir bas de laine

    De jouir de l’amour de l’assiette pleine

    Ont-ils plongé souvent leur regard dans le coeur

    De l’enfant mort-vivant essoufflé par la peine ?

    Et vous qu’avez-vous vu dans ses grands yeux sans pleur ?

    © Moun/MichèleB
    2005 je crois

    Aimé par 6 personnes

  2. Le gars qui a reçu le Pulitzer pour avoir pris cette photo, j’espère qu’il a eu la décence de s’assurer que cette petite fille a été nourrie et a survécu. Sinon il ne sert à rien de s’émouvoir devant une photo. Autant lui tirer une balle.

    Aimé par 1 personne

  3. Une photo qui ne peut laisser nul insensible. Les mots que tu as collés dessus sont forts, puissants et puissants mais malheureusement si vrais. Et combien d’autres qui sont dans le cas de cet enfant qui va mourir lentement. L’image avec le vautour est plus que forte : ce charognard sait et sent que la mort est proche et qu’il va pouvoir se nourrir lui.
    Il faut espérer que celui qui a reçu le Prix Pulitzer a eu un geste pour quelques-uns de ces enfants par la suite et réussi à faire prendre conscience aux autres du drame qui se déroulait en Afrique.
    Daniel Balavoine avait participé au rallye Pars-Dakar et avait constaté que des villages manquaient d’eau. L’année suivante il mettait en place tout une organisation pour implanter des pompes dans les villages.
    Il en fut de même pour France Gall à qui un petit sénégalais demandait de l’emmener pour pouvoir aller à l’école. Elle chanta « Babacar » et tous les droits d’auteurcompositeur et d’interprète servirent à bâtir une école dans le village, à acheter des fournitures et les enfants du village purent aller tous à l’école. Un exemple pour ce Prix Pulitzer.

    Aimé par 1 personne

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