Retour à la bestialité

Nous sommes tous des adolescents hésitant entre la dissimulation et l’exhibition, conditionnés par la morale et les tabous sociaux. Mais dès que nos besoins vitaux sont menacés le conformisme et la raison désertent vite notre conscience pour retourner si ce n’est à la bestialité au moins à l’animalité. Encore qu’un animal ne brûle pas des voitures et n’arrache pas des pavés pour les balancer dans des vitrines.

Le retour à la bestialité est possible dans une société comme la nôtre. En raison de la désorganisation des mentalités, des crises d’hystéries généralisées, tout cela aggravé par les crises économiques.” René-Victor Pilhes / Entretien avec Bernard Pivot – Juin 1976.

 Le vandalisme est-il l’exutoire d’un fantasme de violence érotique impossible à mettre en pratique malgré les tentations de plus en plus nombreuses dans le paysage de l’homme dit moderne ? Les manques de pouvoir ou d’argent confisqués par une caste de privilégiés dérèglent-ils les sens au point d’agir en brutes épaisses ? On casse ce qui nous les casse ? Que devient cette volonté de s’éloigner de notre hypothétique passé animal quand on vivait dans une nature solidaire… lorsque par exemple des bandes rivales ou des supporters se castagnent par pur désœuvrement ou par un chauvinisme identitaire ?

Lorsqu’elles brossent le portrait d’une apocalypse, les œuvres de fiction dessinent souvent les traits d’une humanité barbare. Elles disent vrai à chaque fois j’en suis persuadé. Lire « Sa Majesté des Mouches » (1954) où après avoir échoué sur une île la civilisation (uniquement représentée par des enfants) disparaît au profit d’un retour à un état proche de l’animal que les mômes les plus fragiles ou les plus raisonnables paient de leur existence. Oui, dans des conditions extrêmes, certains humains montreraient un visage monstrueux, débarrassé du carcan moral, livré aux turpitudes. D’autres humains au contraire retrouveraient des vertus bienveillantes un peu somnolentes dans ce monde de l’individualisme.

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6 commentaires

  1. Oh je vous avez perdu dans les couloirs de l’internet! Et je suis heureuse de vous avoir retrouver. Comme vous je suis outrée par les evênements et lorsque l’on écoute les gens parler (dans les journaux télévisés et autres) on se rend facilement compte qu’ils ne savent plus communiquer, personne n’écoute personne dans ce monde où tout va trop vite, ou le simple geste d’écouter n’existe plus. Alors on casse ou on fait des discours stridents. Voilà. C’est triste.

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